Le travail d'équipe transforme la formation en soins de santé en C.-B.
Les étudiants du Collège des disciplines de la santé de l'Université de la Colombie-Britannique apprennent à collaborer en classe et à l'extérieur. Ils font plus que travailler ensemble : ils cohabitent.
Étant donné que le Canada se tourne de plus en plus vers la pratique en collaboration comme avenir de la prestation des soins primaires, les programmes d'éducation et de formation prennent le virage afin de permettre à des professionnels de la santé de disciplines différentes de suivre leur formation ensemble. Le programme de l'UCB étend toutefois l'esprit de collaboration du contexte professionnel au milieu résidentiel.
Dans cinq collectivités rurales, de Hazelton à Trail, des équipes d'étudiants cohabitent et travaillent côte à côte. Une équipe peut inclure un étudiant en médecine, une étudiante infirmière, un futur pharmacien, une étudiante en travail social et un physiothérapeute. Les étudiants obtiendront un diplôme traditionnel dans leur discipline, mais ils auront aussi acquis une formation et l'expérience du champ de mines que peut constituer la collaboration professionnelle.
Ces stages ne sont qu'un des moyens que l'UCB utilise pour aider à transformer la formation des professionnels de la santé afin de transformer les soins de santé mêmes. Le programme constituera une des innovations mises en vedette au cours du Sommet national sur les ressources humaines de la santé du 23 juin organisé à Toronto par le Conseil canadien de la santé.
" Après un stage en équipe, les étudiants nous disent qu'ils se sentent plus à l'aise de référer un patient à un collègue d'une autre discipline ", affirme Lesley Bainbridge, coordonnatrice de la Division de la formation interprofessionnelle du Collège et conférencière à un atelier qui se tiendra au cours du Sommet du Conseil de la santé. " À leur arrivée dans la population active, ils comprennent et apprécient le rôle d'autres disciplines. " On espère que cette évolution améliorera les soins dispensés aux patients et permettra d'utiliser plus efficacement les effectifs de la santé.
Au cours d'un examen interne récent, on a félicité le programme d'avoir " repoussé les frontières sans menacer aucune discipline en particulier ". Au lieu de restructurer le cursus au complet, le programme offre des possibilités d'apprentissage en collaboration et recrute activement des étudiants intéressés par le travail d'équipe.
Parallèlement aux stages en équipe, de nombreux cours portent avant tout sur les problèmes complexes auxquels il faut s'attaquer en collaboration, comme le VIH/SIDA, la violence familiale ou les soins palliatifs. Les étudiants doivent terminer un seul stage interprofessionnel, " mais ils en veulent toujours davantage ", signale Mme Bainbridge.
L'Association des étudiants en sciences de la santé (AESS) offre de solides preuves de l'enthousiasme des étudiants. L'Association organise une journée d'orientation fondée sur le concept de la confiance - dans le contexte de la relation fournisseur-patient, ainsi que dans celui de la pratique en collaboration. Les étudiants ont produit une vidéo de recrutement qui insiste sur la façon dont " l'interprofesionnalisme donne une nouvelle forme à notre système de soins de santé au Canada ". Un représentant de l'AESS prendra aussi la parole au cours du Sommet.
Dans l'Accord de 2003 sur le renouvellement des soins de santé, les gouvernements se sont engagés à promouvoir la formation interdisciplinaire. Les coûts et la logistique d'une formation interprofessionnelle active sont au nombre des défis que doivent relever d'autres contextes qui veulent aller de l'avant, affirme Mme Bainbridge. L'attitude et la volonté de changer constituent toutefois peut-être les défis les plus importants. " La culture universitaire récompense habituellement la réalisation individuelle, mais moins le travail interdisciplinaire ou l'effort nécessaire pour instaurer la collaboration dans la pratique ", affirme-t-elle.
Pour changer davantage d'attitudes, " nous devrons démontrer que la formation interprofessionnelle fait une différence ", affirme Mme Bainbridge. Les plans d'évaluation comprennent un suivi annuel auprès d'une cohorte d'étudiants qui vise à déterminer l'influence que le programme a eue sur leur pratique et les défis qu'ils doivent relever en vivant ce qu'ils ont appris. " Tant qu'ils n'auront pas de données pour démontrer les résultats - sur le plan de l'amélioration des résultats pour la santé et de l'utilisation des ressources de la santé - nous ne verrons peut-être pas d'autres universités investir dans une telle formation. "